Des parcours inspirants au Lycée Fourier Saint-Germain : quand le monde de l’entreprise rencontre les STMG
Le lundi 1er juin, la salle Monot du lycée polyvalent Joseph Fourier Saint-Germain d’Auxerre a vibré au rythme d’un échange riche, authentique et sans langue de bois. À l’initiative de l’association Entreprendre pour Apprendre, les élèves de la filière STMG (Sciences et Technologies du Management et de la Gestion) ont eu le privilège de recevoir deux invités de marque : Stéphane Treppoz (fort de 250 interventions en milieu scolaire) et l’entrepreneur Marc Dabouineau.
Stéphane Treppoz, ancien PDG d’AOL (l’un des pionniers d’internet) puis à la tête du géant de la chaussure en ligne Sarenza.com entre 2007 et 2018, est venu partager ses 60 ans d’expérience de capitaine d’industrie. Un parcours hors norme pour celui qui a également dirigé la filiale américaine de Meccano dans les années 90, avant d’occuper différents postes de direction notamment chez Vivendi.
Pendant près de deux heures, l’intervention a bousculé les codes, alternant anecdotes concrètes et phrases inspirantes, rythmée par les questions directes des lycéens.
« Tout le monde a un talent » : l’école, une chance monstrueuse

« J’aime transmettre et prouver que tout le monde peut réussir dans la vie. Je suis originaire d’un milieu populaire. J’ai grandi dans une cité à Lyon (La Duchère) et j’ai fait toute ma scolarité dans le public », a confié Stéphane Treppoz d’emblée.
Pour lui, il n’y a pas de hiérarchie entre les filières : « Il n’y a pas les bons élèves en lycée général, les moyens en lycée techno et les nuls en lycée pro. Tout le monde a un talent pour quelque chose, ce qui compte, c’est de l’identifier. »
Face aux remarques sur l’utilité des études, le message a été percutant. L’école est une opportunité qu’il faut saisir :
« Avez-vous une idée du coût d’un élève en France sur les 18,6 années qu’il va consacrer aux études en moyenne ? »
Derrière cette question, des chiffres et des réalités fortes ont marqué les esprits :
Un investissement massif de l’État : soit environ 165 000 euros pour une scolarité entière. « L’école, c’est pour vous une chance monstrueuse. Mesurez cette chance que vous avez par rapport à d’autres pays ».
Le travail plutôt que le seul talent : « On ne réussit qu’en travaillant, pas juste avec du talent. »
L’exigence et la préparation : Il faut être sélectif sur la qualité de son école et anticiper ses démarches. Une formule choc a résonné dans la salle : « 1 entretien de recrutement se prépare en une demi-journée de travail. » Rien ne doit être laissé au hasard.

Le « Savoir-Être », la compétence absolue en entreprise
Au-delà des compétences techniques, Stéphane Treppoz et Marc Dabouineau ont lourdement insisté sur les qualités humaines indispensables pour s’épanouir et progresser en entreprise. Ce fameux savoir-être repose sur des valeurs simples mais non négociables :
La ponctualité et la fiabilité.
Le respect mutuel (dans les deux sens).
L’esprit d’équipe et la capacité à collaborer.
Le sourire, un vecteur de communication puissant.
« Si c’est dur pour moi, c’est au moins aussi dur pour les autres. » Une invitation claire à la résilience et à l’empathie collective.
L’échec n’est qu’une étape : la leçon de Nelson Mandela
Les élèves n’ont pas hésité à poser les questions les plus pertinentes : Quelles ont été vos erreurs ? Vos échecs ? Avez-vous déjà eu envie d’abandonner ?
Avec une grande transparence, les invités ont confessé leurs erreurs passées, notamment dans le choix d’un comité de direction, rappelant l’importance d’« écouter son intuition ». Quant à l’envie de tout plaquer ? Oui, elle arrive. Les périodes de doute sont profondément humaines.
Pour illustrer cette capacité à rebondir, ils ont partagé une magnifique citation de Nelson Mandela à sa sortie de prison. Interrogé par des journalistes pour savoir s’il n’avait pas l’impression d’avoir raté sa vie, il avait répondu :
« Je n’échoue jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. Et là, j’ai vraiment eu le temps d’apprendre. »
Des conseils de vie pour « grandir »
Le dialogue s’est ensuite élargi à des conseils de vie globaux, touchant autant la sphère professionnelle que personnelle :
L’expérience avant l’entrepreneuriat : « Je ne crée pas mon entreprise avant d’avoir travaillé au moins deux ans dans le secteur. »
L’entourage : « Je fais le tri dans mes amis. » Il faut fuir les personnes qui passent leur temps à critiquer les autres.
La responsabilité : « Toutes mes bêtises m’attireront des ennuis. »
La passion et l’ambition : « Travailler c’est un kiff quand on fait ce qu’on aime » et « Je pars de chez moi pour grandir ».
L’hygiène de vie : Un esprit sain dans un corps sain. Dormir au moins 7 heures par nuit, surveiller son alimentation, faire du sport et… limiter le temps d’écran à 2 heures par jour, car « le téléphone fusille le cerveau ».
Le rapport à l’argent : « L’argent c’est très important, mais ça ne suffit pas à être heureux. »
Un final interactif : qu’ont retenu les élèves de Fourier ?
Pour clôturer cette matinée intense, un jeu final basé sur l’anonymat, l’honnêteté et la concentration a été proposé. Chaque élève a dû répondre par écrit à cette question : « De tout l’échange, qu’avez-vous retenu de plus important ? »
Quatre élèves ont ensuite lu les réponses à voix haute. Parmi les points forts partagés spontanément par les jeunes, une notion est revenue avec force : l’importance cruciale de se créer un réseau dès aujourd’hui.
Une rencontre mémorable qui donnera, à coup sûr, de l’élan aux futurs bacheliers du lycée Fourier Saint-Germain pour construire leur propre avenir !